février 5, 2010

Comment avez-vous envisagé cet événement « Django et rien d’autre ! » ?
Raphaël Faÿs : Exceptionnellement, nous ne jouerons lors de ces deux concerts que des compositions de Django Reinhardt. Un répertoire travaillé pour l’occasion et qui entend représenter ses différentes périodes de création et donc se nourrir aussi bien de titres écrits au début qu’à la fin de sa carrière. Nous allons rendre un gros plaisir à jouer, c’est sûr. Cela se ressent déjà sur les répétitions.
Steeve Laffont : L’intérêt de ce type d’événement est d’interpréter sa musique tout en parvenant à tirer son épingle du jeu, à laisser exprimer la personnalité de chaque guitariste. En se partageant les chorus, en élaborant ensemble les arrangements et, dans le respect de l ‘œuvre présentée, chacun peut aisément mettre en avant une touche plus personnelle.
Interview réalisée par Vincent Berthe dans le magazine World Sound de janvier/février 2010.
janvier 29, 2010

(…) Django : un mythe, un style, une œuvre. En 2010, l’ombre tutélaire demeure. Les Parisiens peuvent découvrir ses héritiers à l’Alhambra, lors du quatrième festival Nuits Manouches qui débute ce soir avec Tchavolo Schmitt. Vendredi 22 janvier, Raphaël Faÿs fera découvrir son riche répertoire, entre classique et flamenco. Faÿs, qui ne joue plus de swing, fut le premier, dans les années 1970, à remettre au goût du jour le « jazz de Django », comme il l’appelle.
À présent, il prend ses distances avec une musique devenue phénomène de mode grâce au coup de projecteur de chanteurs comme Sanseverino, puis Thomas Dutronc. Un style manouche qui, selon lui, encourt le risque du « fourre-tout » (…)
Tout en se réjouissant de l’impact de cette musique, Alain Raemackers, directeur artistique du festival, déplore aussi la focalisation sur les artistes de variété : « Nous avons voulu inviter Sanseverino lors d’une précédente édition, c’était impossible car tout le monde ne parlait que de lui et cela a créé un malaise. D’un commun accord, il s’est retiré pour ne pas avoir l’air de tirer la couverture à lui ! » (…)
Autre invité des Nuits manouches, où il jouera seul (le 27) et en trio avec Faÿs et Steeve Laffont (les 23, 29 et 30), le trentenaire Yorgui Loeffler ne se pose pas tant de questions. Lui apprécie « que cette musique soit plus jouée, et aimée ». Évoquer sa filiation avec Django provoque chez cet Alsacien, qui a connu une enfance dans « l’ambiance chaleureuse et le froid » des caravanes, une émotion proche des larmes (…)
Article de Jean-Yves Dana paru dans La Croix le 19 janvier 2010.
A lire dans son intégralité ici.
janvier 29, 2010

(…) Raphaël Faÿs a ceci d’unique qu’il maîtrise au plus haut niveau trois styles de guitare : le jazz manouche, dans lequel il a grandi à l’ombre de son père, le guitariste Louis Faÿs ; le classique tendance baroque (Yepes, Albéniz, Segovia…), qu’il a appris adolescent et poussé au plus haut niveau en devenant lui-même compositeur ; et enfin le flamenco, qu’il étudie avec passion depuis vingt ans et qui lui a inspiré ses deux derniers disques, Andalucia et Extremadura. (…)
Contre toute attente, la vogue du jazz manouche l’agace autant qu’elle le fait sourire… « Avant 1980, très peu de Manouches écoutaient Django. Dans les caravanes, on entendant plutôt du Claude François ! Qu’on retrouve Django maintenant, c’est super mais trop souvent superficiel. Le vrai Django est exigeant, profond. »
Il existe pourtant des événements qui, à l’instar des Nuits manouches, remédient à cette situation. Et restent donc fréquentables pour Faÿs, qui en est la tête d’affiche. Créé en 2000, ce festival accueille Christian Escoudé, Steeve Laffont, Angelo Debarre, Yorgui Loeffler ou encore David Reinhardt, un petit-fils de Django… Autant de personnalités qui disent ô combien la caravane du jazz manouche reste vivante et vaste. (…)
Article d’Alexis Campion paru dans le JDD, le 17 janvier 2010.
janvier 29, 2010

(…) La quatrième édition du festival est bien évidemment placée sous le signe du maestro par qui tout a commencé et à qui la relève rom de la six-cordes rendra hommage en deux soirées «Django et rien d’autre !». Ce qui n’empêchera pas Raphaël Faÿs, Steeve Laffont et Yorgui Loeffler de développer leur propre répertoire, tout comme Tchavolo Schmitt (rejoint par Dorado en guest au violon, autre Schmitt de renommée internationale), Christian Escoudé (grand rénovateur de la tradition), Angelo Debarre (inséparable depuis 2002 de l’accordéoniste Ludovic Beier) ou encore David Reinhardt, petit-fils du grand Django. Sans oublier que la flamme gypsie est également portée par des violonistes incandescents qui savent tout aussi bien valoriser leurs partenaires guitaristes qu’enivrer à leur tour de solos lyriques. Costel Nitescu, formé à la fois à l’école classique (il fut premier violon au sein de l’orchestre de Radio de Bucarest) et tzigane comme son coréligionnaire Florin Niculescu, est de ceux-là, entre virtuosité et sensibilité.
Et pour se (re)plonger dans l’œuvre swing du guitariste disparu accidentellement le 16 mai 1953, les rééditions sous forme de coffrets se multiplient, incluant, en cube noir de 25 CD, Manoir de ses rêves chez le Chant du Monde, soit quelque 623 enregistrements originaux ainsi que les meilleures captations en public, accompagnés d’un livret de 120 pages. (…)
Article de Dominique Queillé paru dans Libération le 16 janvier 2010.
A lire dans intégralité ici.
janvier 29, 2010
(…) Les Nuits manouches, festival lancé par le label indépendant Le Chant du monde, se distingue par sa qualité pérenne et son refus de la facilité. Le 27, le guitariste et compositeur Yorgui Loeffler (notre photo) présentera le CD Bouncin’ Around, avec son quartette et, en guest, le pianiste Vincent Vidal. Il s’inscrit dans la féconde lignée alsacienne, tels son grand cousin Bireli Lagrène, les Schmitt, etc. À Jazz à Juan 2003, sa dualité m’avait impressionnée, l’expressivité du jeu se glissait à merveille en les interstices de sa vélocité. Yorgui se joindra aux guitaristes Raphaël Faÿs et Steeve Laffont, lors des soirées « Django et rien d’autre » (les 23 et 30), consacrées au répertoire du héros. Dans l’opus de terre et de feu que Faÿs a gravé avec Tito (guitare) et deux vocalistes venant du flamenco, flamboient des braises de buleria, tandis que l’album de Laffont, encore magnifié par le violoniste tsigane Costel Nistecu, semble d’air et d’éther, tant il respire. (…)
Article paru dans L’Humanité le 16 janvier 2010.
A lire dans son intégralité ici.
janvier 29, 2010


Né le 23 janvier 1910, Django Reinhardt reste la figure emblématique du jazz manouche. L’occasion pour ce festival de référence de faire coïncider sa cinquième édition avec le centenaire du maestro. (…)

Le jazz manouche est une musique vivante et changeant, que les héritiers de Django, largement présents grâce au Chant du monde, label organisateur du festival, déclinent avec une inventivité intacte. (…)

Sur scène, le swing est toujours plus fou et cette année sera l’occasion de découvrir la version livre de disques tout juste sortis et particulièrement séduisants. On pense notamment à l’élégant Extremadura de Raphaël Faÿs (Le Chant du monde) et aux luxuriantes compositions du guitariste manouche Angelo Debarre (Gipsy Unity, au Chant du monde) (…)
Article d’Anne Berthod paru dans La Vie le 14 janvier 2010.
A lire dans son intégralité ici.
janvier 26, 2010
Raphaël Faÿs * Steeve Laffont * Yorgui Loeffler
DJANGO ET RIEN D’AUTRE !

© Francis Vernhet
novembre 22, 2009
Tchavolo Schmitt représente le plaisir du jeu à l’état pur. Doué d’un son puissant, d’une attaque forte, ce virtuose sait interpréter les valses mieux que personne. Il n’a pas oublié que Django jouait la valse en accompagnant des accordéonistes (Gus Viseur entre autres), et que cette composante harmonique et rythmique est essentielle dans son jeu. C’est ainsi que Tchavolo retourne, à sa façon, aux racines de ce style de guitare. Guitariste brillant et inspiré, concentré sur l’essentiel, d’une musicalité jamais en défaut, Tchavolo Schmitt possède un swing vibrant et incisif au service d’une inspiration harmonique sans faiblesse, jamais redondante, toujours empreinte d’un détachement et d’un humour qui n’excluent pas la chaleur et l’émotion, et toujours au service du thème. Enivrant et tonique, il possède tous les secrets de la guitare grâce auxquels il continue de faire flamboyer le feu manouche comme personne.
NOUVEL ALBUM

novembre 22, 2009
Né en 1947 à Angoulême, passé professionnel très tôt, Christian Escoudé remporte en 1976 le prix Django Reinhardt de l’Académie du jazz, distinction chargée de symboles puisque ses racines le rattachent au monde gitan ; fils du guitariste Jean Sérani et petit-neveu de Gusti Malha, il a été nourri de musique gitane et a écouté les disques de Django bien avant d’apprendre à jouer de la guitare. Dès la fin des années 60, il veut se dégager de la présence écrasante de l’illustre manouche. Il découvre Wes Montgomery dont l’influence va se superposer à celle de Django. Escoudé a aussi d’autres idoles, celles de l’âge d’or des années 60, Sonny Rollins, Coltrane (l’adaptation du langage coltranien à la guitare a même été à une époque, une quasi obsession), les quintettes de Miles, Jimmy Raney… Attiré par le jeu harmonique et l’improvisation, Escoudé a toujours plus pensé musique que guitare.
NOUVEL ALBUM

novembre 22, 2009
Ils sont sans doute des centaines au sein de la communauté manouche à pratiquer la guitare avant d’apprendre à marcher. Mais combien sont-ils capables avant l’adolescence, d’affronter n’importe quelle scène et de susciter l’admiration du plus chevronné des musiciens ? Le cliché n’est pas tant dans le constat du talent précoce de quelques jeunes bretteurs que dans la croyance chimérique que leur appartenance à une communauté leur donne à coup sûr le génie. Steeve Laffont ne diffère qu’en un point, jamais, jusqu’à l’âge de 30 ans, ni lui, ni personne dans son entourage, n’ont envisagé qu’il puisse faire profession ou tirer quelque profit de ses dons exceptionnels dans le domaine du « jazz manouche ». Aujourd’hui, on se bat pour le programmer ou l’enregistrer et ce n’est qu’un début.
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